Austérité: place à la parole pour de vrai!
28 Oct

Il n’est pas dans les habitudes d’A gauche pour de vrai! de faire de la publicité, de tomber dans la promotion, d’afficher une page de réclame. Mais ce dimanche, comme dimanche dernier, on ne résiste pas. Mais promis, c’est passager, pas une habitude qui gagne. Seulement voilà, tandis du côté de Too Loose la ville rosse, certains palabrent autour de l’austérité, déclament sur la relance, mais finissent par faire la ola au TSCG et à la règle d’or tout en se préparant à instaurer un pacte de compétitivité contre les salariés, les gens, les vrais, ont désormais un espace pour témoigner de ce que l’austérité change dans leur vie.
Ces chroniques de l’austérité permettent, à qui le souhaitent, de prendre la parole et dire ce qu’ils pensent des politiques Merkozyllande conduites sous l’impulsion d’une BCE bankster. Chacune, chacun, peut également s’exprimer librement, sans censure, sur sa vie, ces chaos rencontrés, ces embuchent à franchir sous le règne de l’idéologie de la dette présentée comme le dieu absolu de l’économie planétaire.
Comme ce témoin qui écrit, simplement, comment son entreprise, aux ordres d’un fond de pension du Texas, instaure la compétition entre les salariés. Comment, n’y résistant plus, son collègue se suicide. Comment, la peur au ventre de perdre son gagne pain, tout le monde poursuit son labeur en silence.
Ou cette femme qui parle au nom d’une autre trop timide pour laisser une trace de sa tristesse, même sur la toile. Et elle était heureuse cette autre femme de partir à la retraite. 173 trimestres à son compteur, bien plus qu’il n’en faut. Normal, elle a commencé à travailler à 17 ans. Et Hollande l’a promis, la réforme Sarko ne touchera pas les carrières longues. Puis malheureuse, incroyablement malheureuse, car la CNAV lui apprend durant son rendez-vous qu’il lui en manque un paquet de trimestres. Parce que son chômage n’est pas cotisé. Elle comprend qu’elle sera plus d’un an sans aucune ressource, absolument aucune. Car elle arrive en fin de droit tout début 2013. Pleine d’espoir de réussir à vivre, là voilà maintenant la peur au ventre de ne pas pouvoir réussir à survivre.
Sans parler de cette assistante de vie scolaire qu’on remercie en début d’année. Officiellement il n’y a pas de besoin. Un gag pour celles et ceux qui connaissent de l’intérieur le manque cruel d’ASV à l’école. Officieusement on lui avoue la vérité: plus de fric, plus d’oseille, plus de tune, plus de budget! Elle demande à Pôle Emploi une formation pour trouver une solution rapide: “vous n’êtes pas indemnisée depuis assez longtemps” lui répond-elle. Comprenez plutôt “par manque de moyen on fait des priorités”…Elle écrit à son député car elle est tenace, elle lâche rien. Il lui répond que la réforme des AVS n’est pas une priorité. elle conclut alors son témoignage ainsi: “comment ça pas une priorité de sauver des emplois des plus utiles !!!! Ce gouvernement ne fait rien, il “glande”, se pavane (à l’image de A Montebourg)…J’ai honte aujourd’hui d’avoir voter gauche !!! Je regrette amèrement !!! Le changement c’est pour…. JAMAIS !!!!!! Merci M. Hollande”.
Un autre témoignage, pour la route, pour ceux qui réunis à Toulouse ce week end ont décidé de poursuivre le chemin austère et destructeur de la sacralisation d’une dette dont personne ne sait ni comment elle est calculée, ni qui l’a fabriqué. Un témoignage, un dernier, promis, juré, pour que des congressistes en cravate un week end ouvrent enfin les yeux sur ces hommes et ces femmes qu’ils sont supposés représenter et à qui ils demandent de rembourser cette vénérée dette tout en exonérant des patrons rapaces et gueulards d’une fiscalité juste. Et que dit ce témoignage? Qu’un organisme de protection sociale, comprenez une de ces assurances privées vers lesquelles on veut nous jeter corps et biens, joue sur les délais de remboursement, “oublie” les paiements des invalides. Parce qu’elles coûtent sans rapporter ces longues maladies. C’est le boss lui même qui le dit en réunion de délégués du personnel.
Comme promis donc, minatenant on se tait. Mais celles et ceux qui n’ont pas l’intention de se taire n’ont qu’une chose à faire: se rendre sur les “Chroniques de l’austérité”. Là bas, c’est place à la parole pour de vrai!
Sydne93







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