Oui Jean-Luc Mélenchon a eu raison d’aller à Hénin-Beaumont!
12juin
A gauche pour de vrai! on n’en a pas dormi de toute la nuit du dimanche 10 juin au lundi 11 juin. La question tournait en boucle, faisait mille détours, revenait en spirale et recommençait sa boucle:
Jean-Luc Mélenchon a-t-il eu raison de prendre un risque aussi énorme de se présenter dans le 11e circonscription du Pas de Calais alors qu’une élection facile l’attendait ailleurs?
Et cette question en induisait d’autres, inévitablement, inéluctablement, durablement cette nuit du 10 juin au 11 juin:
pourquoi prendre le risque de ne pas avoir un tel porte voix à l’assemblée?
Pourquoi prendre le risque de mettre en scène l’héritière du trône F Haine?
Pourquoi prendre autant de risques?
Pourquoi?
Impossible de nous apaiser, de nous calmer, de cesser de penser…Quand soudain, non brutalement, le mot RISQUE nous a donné la réponse.
En politique, si vous voulez gagner, prendre un siège à l’assemblée, sans faire campagne, sans poser les débats de fond il vous suffit de ne surtout prendre aucun risque. Vous prétendez que tout est normal ou bien vous atterrissez là où le combat est gagné d’avance sans avoir à lever le petit doigt. Et finalement ce manque de courage vous aura récompensé d’un siège mais il vous aura également privé de la satisfaction de voir vos idées se propager.
En se présentant à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon n’a pas fait le choix de la récompense acquise sans effort. Il a fait le choix du combat, Front contre Front, car aucun autre parti à gauche n’ose avoir ce courage, cette audace. Aucun autre leader, et certainement pas au PS n’aurait eu le cran d’affronter la Marine et ses p’tits gars musclés en face à face!
En se présentant à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon a permis au Front de Gauche d’exister durant toute la campagne des législatives. Alors que la droite et la gauche sociale démocrate ont tout fait pour passer sous silence les enjeux de cette élection:
- pour la droite, il ne fallait pas qu’éclate au trop grand jour la stratégie de rapprochement avec la droite extrême,
- pour la gauche sociale démocrate il ne fallait surtout pas que soit découverte trop tôt la future politique d’austérité qui se prépare.
La présence de Jean-Luc Mélenchon à Henin-Beaumont a permis de rappeler la nécessité absolue d’affronter le F Haine partout où il se trouve, de rappeler la stratégie d’alliance à peine voilée qui se trame entre l’UMP et l’héritière du trône F Haine.
Sa présence à Henin-Beaumont a permis qu’apparaisse enfin au grand jour les réelles intentions d’un parti socialiste à l’égard de la gauche radicale et alternative au capitalisme financier. Et les intentions du parti socialiste sont désormais limpides: éliminer cette autre gauche par tous les moyens, y compris en prenant le risque de faire rentrer Marine, la fille de Jean-Marie à l’assemblée. Vous trouvez qu’on exagère A gauche pour de vrai? Alors comment expliquer qu’un premier ministre en fonction et qu’une première secrétaire de parti se soient rendus à Hénin-Beaumont pour attaquer dans leurs discours non pas l’hétière du trône F Haine, mais bel et bien le principal porte voix du Front de Gauche? Dans quelle autre circonscription de France le sommet de la pyramide PS s’est-il déplacé? Aucune!
Mais la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’aura pas seulement permis qu’éclate au grand jour les vrais visages d’une droite extrême et d’une gauche qui ne l’est qu’en apparence. Elle aura entretenu le débat au sein même du Front de Gauche, la nécessité absolue de son union. Ainsi, la forte médiatisation que beaucoup critiquent aura finalement agit comme une digue empêchant certains membres qui composent le Front de Gauche de céder à la tentation de rentrer dans un gouvernement social démocrate ou de conclure un accord vite fait bien fait dans le dos d’un Front de Gauche qui ne peut exister que dans l’unité d’action de chacune de ses composantes.
Cette candidature, enfin, a permis la reconquête d’un électorat qui désertait la gauche sociale démocrate locale, engluée dans de sombres affaires et qui a perdu 8000 voix. Dans cette 11e circonscription du Pas de Calais, la seule présence de Jean-Luc Mélenchon a permis quant à elle de reconquérir 1000 voix par rapport au score de la présidentielle, de faire progresser le pourcentage électorale du Front de Gauche de 8 points. Et cette dynamique on l’observe partout sur le territoire. 677 260 citoyens et citoyennes de plus ont voté pour les candidats du Front de Gauche par rapport aux législatives de 2007 partout en France.
En vérité, derrière ce qui aurait dû être un progrès de la gauche radicale et qui apparaît comme une défaite en trompe l’oeil se cache le problème fondamental de la démocratie française.
- Ce problème c’est la Ve république et ses institutions.
- Ce problème c’est le quinquennat et l’élection du président de la république 5 semaines avant la tenue des élections législatives voulu par un certain Chirac avec la complicité d’un certain Jospin.
- Ce problème c’est l’absence d’un scrutin proportionnel. Dès lors, les élections législatives sont réduites à un rôle mineur d’enregistrement du 2e tour de l’élection présidentielle.
Et ce dysfonctionnement éclate au grand jour, révélant les petites manoeuvres, les petits arrangements pour savoir si untel se maintient contre unetelle.
Oui, Jean-Luc Mélenchon a eu mille fois raison d’aller à Henin-Beaumont. Car cette seule présence de Jean-Luc Mélenchon dans la 11e circonscription du Pas de Calais nous aura permis A gauche pour de vrai! de trouver quelques réponses, de voir enfin certains masques tomber. Ainsi finis les boucles, les détours, les spirales au centre de notre cerveau à 3 heures du matin.
Sydne93
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